|
![]() |
[Matthieu 5, 20-26]
[Luc 10, 38-42]
[Luc 11, 5-13]
[Luc 11, 15-26]
[Luc 11, 27-28]
[Luc 17, 11-19] [Luc
11, 42-46] [Luc
11, 47-54]
[Matthieu 1, 18-24 ]
Luc 17, 11-19
Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : " Jésus, maître, prends pitié de nous ". En les voyant, Jésus leur dit : " Allez vous montrer aux prêtres ".
En cours de route, ils furent purifiés. L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain. Alors Jésus demanda : " Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n'y a que cet étranger ! " Jésus lui dit : " Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé ".
| Homélie |
par Jean Debruynne |
Ce texte utilise des expressions qui ne nous sont pas familières car nous ne sommes pas dans la même culture ni à la même époque.
Jésus faisait route vers Jérusalem
Nous retrouvons Jésus en route.
La maison de Jésus c'est la route.
Il habite le chemin.
La seule demeure de Jésus que l'on connaisse c'est son tombeau et il est vide.
Sa maison c'est le chemin, c'est la route.
C'est pourquoi nous sommes toujours invités à avoir un coeur qui habite la
route.
La foi dit toujours " lève-toi et marche ".
Jésus est en route et pour cela il a du " quitter ".
Jérusalem c'est derrière, c'est la capitale, c'est la
grande ville, c'est la ville sainte, c'est la ville du Temple.
Jésus a quitté la ville sainte et il l'a quittée pour aller vers le Nord :
c'est la Samarie et la Galilée. Il quitte la ville des croyants, des gens qui
sont bien. Il va vers la Samarie et la Galilée.
La Samarie, ce sont les hérétiques, ils ont un Temple à eux, une religion à
eux. Les juifs ont du mépris pour les samaritains et les samaritains ont du mépris
pour les juifs.
Jésus va vers la Samarie et vers la Galilée qui fait la frontière avec la
Syrie. Et la Galilée est un pays qui a mauvaise réputation, on l'appelle la
terre des nations car tous les gens qu'on chasse ou qu'on expulse on les envoie
en Galilée. C'est une terre avec des immigrés qui viennent de partout avec des
gens qui font les 400 coups. Jésus choisit d'aller chez les hérétiques, il
quitte les gens bien pour aller vers les gens de " n'importe quoi ",
et en route il rencontre 10 lépreux.
Les galiléens sont des exclus.
Les samaritains sont des exclus.
Il rencontre les lépreux, ce sont aussi des exclus.
A l'époque de Jésus, la lèpre était une maladie
d'exclus. Pour se protéger des lépreux on leur interdisait d'entrer dans les
villes.
La lèpre était une maladie sociale.
Quand on avait la lèpre on était chassé de la société d'autant plus qu'on
croyait que c'était Dieu qui envoyait la lèpre comme une punition des péchés.
Jésus aujourd'hui entre dans le monde des exclus. Il va
à la rencontre de ceux qui sont chassés, oubliés, les marginaux, ceux qu'on
ne veut pas voir. Parmi ces lépreux, il y a un samaritain. Il est exclu parce
qu'il est lépreux et parce qu'il est samaritain.
Tous ces lépreux crient vers Jésus, et Jésus leur dit : " allez vous
montrer aux prêtres ". C'était les prêtres qui avaient le pouvoir de décréter
si quelqu'un était lépreux ou s'il était guéri. Ils excluaient ou c'était
eux aussi qui décrétaient : " tu es guéri ", et c'était donc les
prêtres qui effectuaient la réintégration sociale.
Si Jésus dit : " allez voir les prêtres ",
c'est pour que les prêtres puissent constater la guérison.
Il dit : " allez voir les prêtres pour leur montrer que vous êtes guéris
! " Et ils partent.
Jésus fait appel à la foi !
Ils ne sont pas guéris et ils partent montrer qu'ils sont guéris. C'est ça la
foi !
Et en chemin, en effet, ils sont guéris. C'est en chemin qu'ils sont guéris.
Alors parmi les 10, il y en a 9 qui sont tellement pressés de retrouver leur
place dans la société qu'ils vont vite voir les prêtres pour dire : "
voyez on est guéri " ! Et il n'y en a qu'un qui ne va pas d'abord se
montrer aux prêtres, car pour lui il y a quelque chose de plus urgent, c'est de
reconnaître la tendresse de Dieu. Il repart en arrière et tombe aux pieds de Jésus
pour lui dire merci. Celui-là justement c'est un étranger, c'est un
samaritain, c'est un hérétique. Jésus lui dit : " relève toi, ta foi
t'a sauvé " ! C'est à l'hérétique que Jésus dit : " va, ta foi
t'a sauvé ".
Vous comprenez mieux l'enjeu de cet évangile.
Alors nous responsables guides, nous allons réfléchir à partir de là.
Le guidisme c'est un travail d'éducation et qu'est-ce que c'est que l'éducation ? C'est permettre à des petites filles, des adolescentes, des jeunes filles de prendre leur place dans la société, on dit d'être intégré socialement, de faire partie de cette société.
La question qui nous est posée alors, c'est quel est le
plus urgent ? Est-ce que le plus urgent c'est d'accueillir d'abord dans le
guidisme celles qui sont déjà dans la société ou celles qui n'ont pas leur
place dans la société ?
Le guidisme est-il seulement fait pour les gens de Jérusalem ou est-ce qu'il
est fait aussi pour les gens de Samarie et de Galilée ? Est-il fait aussi pour
les lépreux ?
Le guidisme est né en Angleterre, en Occident, en Europe. Mais ni l'Europe ni
l'Occident ne sont propriétaires du guidisme. Il appartient à ceux et celles
qui le font et le font vivre.
Est-ce que les gens qui sont en Galilée doivent vivre comme les gens de Jérusalem ?
Est-ce que le modèle c'est Jérusalem ou le coeur de Dieu ? Est-ce que les
samaritains doivent aller à Jérusalem ou est-ce que les gens de Samarie et de
Galilée doivent aller jusqu'au coeur de l'homme ? Est-ce que les lépreux
doivent attendre d'être guéris pour être aimés de Dieu ou est-ce que Dieu
aime tout le monde même ceux qui sont exclus, même ceux qui sont marginaux ?
Alors, est-ce que l'heure n'est pas venue où il faut se poser un certain nombre
de questions ?
Si je parle des jeunes et des vieux, moi je suis un vieux,
je suis content et heureux d'être un vieux, je ne me sens pas supérieur à
vous. Il y en a parmi vous qui savent bien plus de choses que moi.
Ma question est : qu'est-ce que j'attends des jeunes aujourd'hui, en quoi moi
j'ai besoin des jeunes d'aujourd'hui, en quoi vous m'êtes nécessaires ?
La question qui est la vôtre est : En quoi vous avez besoin des vieux ? En quoi
les vieux vous sont nécessaires ? S'il n'y avait pas les vieux, qu'est-ce qui
vous manquerait ?
Si moi européen je dis qu'est-ce que nous attendons de l'Afrique, en quoi nous
avons besoin de l'Afrique ? On va me dire qu'on a besoin de l'Afrique pour
l'arachide, pour le coton
En quoi, européens, vous avez besoin du coeur de l'Homme d'Afrique ?
Et vous c'est la même chose.
Si on vous pose la question : En quoi vous avez besoin de l'Europe ? Vous direz
du fer, du papier
En quoi vous avez besoin de la tendresse de l'Europe, du coeur de l'Homme de
l'Europe ? Vous avez à vous préoccuper de faire un guidisme africain.
Soyez fières de faire un guidisme africain.
Vous avez une culture africaine, un coeur africain, vous avez des choses en
vous, des cadeaux que vous devez transmettre aux enfants. Ne prenez pas vos modèles
en Europe, prenez vos modèles sur le coeur africain. Il est prêt à aimer.
Et nous CICG, nous devons nous poser la question :
Qu'est-ce que nous attendons de l'Afrique ? Attendons-nous seulement des choses
ou un grand amour ?
Ce que nous avons commencé ici c'est une grande victoire, c'est une grande
chose, voilà qu'il existe une région Afrique ! Mettez bien le guidisme dans
votre culture, que le guidisme soit ici chez vous !
Lève toi ta foi t'a sauvé !
Parce que le guidisme en Afrique aujourd'hui, c'est une question de foi. Nous y croyons ! Va relève toi, ta foi t'a sauvé ! Nous avons besoin de votre guidisme s'il vous plait, vous africaines, apprenez-nous votre guidisme. Merci.
Vous savez bien que le guidisme est capable de guérir
toutes les lèpres du coeur, même la lèpre de la guerre, même la lèpre des
conflits, même la lèpre des rancoeurs.
Le guidisme est capable de guérir les lèpres, mais l'évangile ne nous dit pas
comment car le comment c'est notre affaire à nous.
Dieu ne fait pas tout.
Il fait avec nous.
Chacun a sa part.
Dieu guérit mais c'est à nous de savoir comment guérir.
C'est ce comment que chaque délégation va exprimer. Comment allons-nous nous y
prendre pour guérir de la lèpre, de la lèpre de la guerre, de la lèpre de la
haine, de la lèpre des conflits, des rancoeurs et des vengeances.
C'est une parole d'engagement, une parole où nous prenons tous les autres pays
à témoin, pas comme un serment, mais comme une parole qui nous engage comme
une promesse car nous le savons, le serment n'engage que nous-même, tandis que
la promesse est une promesse de Dieu. Dans la promesse guide, c'est la promesse
de Dieu. Dans la promesse que nous allons faire, c'est Dieu qui s'engage. Notre
promesse ne fait que dire oui à la parole de Dieu.
Le premier pas, c'est Dieu !