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[Matthieu 5, 20-26]
[Luc 10, 38-42]
[Luc 11, 5-13]
[Luc 11, 15-26]
[Luc 11, 27-28]
[Luc 17, 11-19]
[Luc 11, 42-46]
[Luc 11, 47-54]
[Matthieu 1, 18-24 ]
Luc 11, 47-54
Jésus disait aux docteurs de la Loi : " Malheureux êtes-vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués. Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.
" C'est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres, ils tueront les uns et en persécuteront d'autres. Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la création du monde, depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui a péri entre l'autel et le sanctuaire.
" Oui, je vous le déclare, cette génération devra en rendre compte. Malheureux êtes-vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui essayaient d'entrer, vous les en avez empêchés ".
Après que Jésus fut parti de là, les scribes et les pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et ils le harcelaient de questions ; ils étaient à l'affût pour s'emparer d'une de ses paroles.
| Homélie |
par Jean Debruynne |
Nous sommes au coeur du conflit de la religion et de la
foi.
Tout commence dans la foi et se termine dans la religion.
Jésus n'a cessé tout au long de l'évangile de dénoncer cet enfermement dans
la religion.
On dit que Jésus a voulu mettre la religion à mort mais c'est la religion qui
l'a mis à mort lui.
Nous sommes tous des docteurs de la loi.
Il y a une phrase clé dans ce texte sur laquelle nous avons à nous interroger.
Jésus dit : " Malheureux êtes-vous docteurs de la loi car vous avez
confisqué la clé de la connaissance, vous mêmes n'y êtes pas entrés et ceux
qui voulaient y entrer vous les en avez empêchés ".
Cela demande une conversion incessante pour que ce que nous avons appris ne se réduise jamais à un instrument de pouvoir, pour ne pas faire des murs avec ce qui est appelé à être des portes, des prisons avec ce qui est appelé à être des chemins.
Dès qu'une organisation se met à organiser, elle est tentée de prendre le pouvoir, de s'annexer la vérité, d'exclure tout ce qui n'est pas elle.
Le conflit entre la religion et la foi n'est rien d'autre
que le conflit entre l'institué et l'instituant, entre le travail du prophète
et le travail du roi.
Il ne s'agit pas d'exclure les rois et les patrons, nous avons besoin des prophètes
et des rois. Mais le risque est de cesser de fonctionner le jour où les rois se
prennent pour des prophètes et les prophètes pour des rois. Notre souci est de
faire qu'à la CICG il y ait ces deux mouvements, il nous est nécessaire d'être
à la fois ceux qui sèment, ceux qui labourent, ceux qui arrosent, ceux qui
cueillent qui moissonnent, ceux qui proposent et ceux qui organisent, ceux qui
inventent et ceux qui structurent.
Si le prophète lance sa parole dans le vent, le vent l'emporte et sa parole se perd dans le désert.
Ceux qui instituent, organisent et structurent, s'ils n'ont rien d'autre comme mission, ils vont organiser l'organisation et ne feront rien avancer du royaume de Dieu.
Pour que le prophète soit prophète, il faut que sa parole soit accueillie dans un groupe, une communauté qui en fera naître un peuple.
Les prophètes seront toujours appelés à disparaître pour laisser la place aux rois et les rois appelés à disparaître pour que les prophètes viennent semer de nouvelles saisons.
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