Conférence Internationale Catholique du Guidisme

Réconciliation - Luc 11, 42-46

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Luc 11, 42-46

Jésus disait : " Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue, et vous laissez de côté la justice et l'amour de Dieu. Voilà ce qu'il fallait pratiquer, sans abandonner le reste. Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous aimez les premiers rangs dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques. Malheureux êtes-vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu'on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir ".

Alors un docteur de la Loi prit la parole : " Maître, en parlant ainsi, c'est nous aussi que tu insultes ". Jésus reprit : " Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d'un seul doigt ".

 

 
 Homélie

 par Jean Debruynne



Cet évangile de Luc adresse ses questions à la CICG. Encore que celles-ci ne doivent pas tant être guettées par le formalisme. Cet évangile appelle plutôt à un vrai retour à l'esprit, au souffle de l'évangile, à la création de la foi créatrice qui engendre et qui fait naître.
La tentation de la CICG serait plutôt de s'installer dans l'organisation et la gestion.
Gérer, c'est déjà être entré dans un système, c'est entrer dans la mort, dans la destruction.
Dès lors qu'on n'est plus à l'écoute des réalités, on est déjà mort.
Le drame des pharisiens, c'était de regarder la loi et la synagogue comme un acquis.
La CICG ne vivra que les deux pieds dans l'évangile, ramenée à sa pauvreté. Le jour où la CICG serait riche, elle n'existerait plus.
C'est avec des moyens pauvres que nous devons travailler.
C'est un signe.
Ce qui compte dans nos rencontres, ce n'est pas de parler de l'Evangile mais d'en donner le signe, de le vivre dans une communauté qui prend au sérieux les personnes, les réalités, qui regarde la vie et le monde. C'est peut-être cet appel à la conversion que Luc voulait nous appeler ce matin.

Le Christ ne s'inscrit pas dans la démarche de stricte observance. Il prône une liberté intérieure. Il s'attache moins à ce qui est extérieur que ce qui est intérieur. Le danger est de tuer l'amour et de le remplacer par la loi. Le danger que court l'homme en observant la loi, c'est de croire qu'il accomplit son salut. C'est de penser qu'en observant la loi, notre salut, notre véritable liberté est réalisée.
Notre liberté se mesure à notre capacité à aimer.
C'est une option courageuse que de ne pas être dans l'air du temps. Cela nous demande d'aller à contre-courant. Qu'est-ce que cela veut dire dans le processus de formation guide où il y a des principes et des lois ? Il faut aider les guides à découvrir que ces principes sont des chemins de liberté et non pas des rails tout tracés qui évitent de se poser des questions. Nous devons avoir la patience de Dieu. Nous vivons dans un monde où les pressions des autres s'imposent, où nous avons du mal à faire notre propre chemin. Il ne s'agit pas de prendre des airs libres ou de se donner des allures libres. La liberté est un choix intérieur. A quoi bon se laver les mains avec soin si ce qui nous salit les mains c'est l'injustice, le crime ou la violence ?

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