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La Pentecôte n'est pas une vieille histoire. La Pentecôte ne se contente
pas d'arriver une fois par an. La Pentecôte parle toujours au présent. C'est
au présent que Jésus dit : « Recevez le Saint Esprit ». Cela veut dire que
personne ne peut se faire valoir en disant : « Moi, j'ai reçu le Saint
Esprit... ». Le Saint Esprit ne se met pas en réserve. Personne ne peut avoir
de Saint Esprit d'avance car nul ne peut se prévaloir d'être le propriétaire
du Saint Esprit et l'on ne reçoit pas l'Esprit Saint comme un diplôme ou une médaille.
On ne gère pas le Saint Esprit comme un compte en banque ou un livret d'épargne.
Le Saint Esprit ne parle que le présent. Rien n'est jamais acquis avec l'Esprit
Saint. Quand il passe, le Saint Esprit fait sauter tous les verrous, toutes les
protections, toutes les fermetures et les enfermements... Non seulement les
verrous de la peur, mais aussi les verrous qui enferment dans les certitudes que
l'on sait tout, qu'on a toujours raison, qu'on est les seuls à détenir la vérité
et que les autres ont forcément toujours tort.
L'Esprit de Dieu se reçoit et l'on n'a jamais fini de le recevoir, de
l'accueillir, de se faire déranger ou bousculer par lui.
Ceci est pour la CICG une vocation essentielle. L'Esprit de Dieu n'entre jamais
ni dans les moules ni dans les habitudes. C'est dire que l''éducation et l'éducation
guide en particulier, ne sont jamais à jour. Le guidisme n'est jamais une
formule que l'on applique.
L'Esprit n'entre jamais dans les systèmes. L'Esprit de Dieu ne poursuit sans
cesse qu'un seul choix, c'est que les hommes et les femmes soient des hommes et
des femmes responsables. C'est pourquoi l'Esprit remet en cause toute éducation
qui perdrait de vue ce choix. La fidélité à l'Esprit n'est donc pas une dévotion
ou une formule de piété, c'est un souffle permanent qui soulève sans cesse
les mêmes questions : Est-ce que le guidisme est bien toujours au service des
enfants, des adolescentes et des jeunes pour les faire grandir ? Est-ce que le
guidisme est toujours un acte de confiance dans les enfants, les adolescentes et
les jeunes ? Est-ce que le guidisme est toujours bien au coeur des vrais besoins
des jeunes ? de leurs vraies attentes ? de leurs désirs profonds ? de leur quête
de vivre ? L'Esprit de Dieu souffle toujours au présent et c'est souvent
l'absence qui manifeste le plus sa présence. Toutes les galères des jeunes
sont peut-être les seuls cris qui leur restent pour appeler le souffle de
l'Esprit. Et c'est dans ce souffle de l'Esprit que la CICG aura toujours à
faire le choix des plus pauvres. C'est toujours par là que l'Esprit passe parce
que c'est chez les pauvres que l'Esprit trouve le moins de portes fermées au
verrou. Il y a de bonnes raisons , c'est que les pauvres n'ont pas de portes et
même souvent pas de maison !
Partout où dans le guidisme la créativité se lève au service de l'éducation
des enfants, des adolescentes ou des jeunes, là est le souffle de l'Esprit de
Dieu. Mais partout où souffle l'Esprit Saint, il n'arrive jamais seul. Partout
où il entre, partout où il passe, partout où il arrive à se glisser,
l'Esprit sème et multiplie les différences.
Contrairement à ce que l'on a trop longtemps pensé, parce que cela arrangeait
bien la domination des uns par les autres, les différences ne sont pas des
fautes contre l'unité de l'Esprit mais au contraire, c'est dans le respect des
différences que s'exprime la véritable fidélité à l'Esprit.
« L'Esprit répand son souffle »... C'est la même phrase que la Bible écrit
pour la création du monde au début de la Genèse et pour la Pentecôte. La
Pentecôte est une création et la création multiplie les différences. Dans la
Genèse, Dieu multiplie et diversifie pour créer. Dieu en soufflant la vie fait
naître la variété, les espèces, les natures, les plantes, les animaux, les
races, les tailles, les âges... (C'est ce que les guides découvrent et aiment
à travers leurs découvertes de la nature, leur vie de camp et leur dimension
internationale...). Au coeur de ce souffle de l'Esprit créant la différence,
il y a la différence de l'homme et de la femme. En voulant l'Homme comme son
image et sa ressemblance, Dieu le crée Homme et Femme. La différence
homme-femme fait donc partie de cet acte créateur de l'Esprit.
Le féminin et le masculin ne sont pas un accident ou une erreur, c'est l'acte
volontaire de l'Esprit de Dieu. La vocation de la femme est donc bien autre
chose qu'une revendication d'un féminisme qui veut prendre le pouvoir aux
hommes. C'est le signe concret et humain de l'Esprit de Pentecôte qui signe la
différence.
De ceci, la CICG est parfaitement convaincue. C'est la mission qu'elle a reçue de l'Eglise. Faire grandir, par le guidisme, les petites filles jusqu'à devenir des femmes responsables. C'est un chemin d'aujourd'hui pour l'Esprit de Pentecôte.
Jean DEBRUYNNE
Aumônier mondial