13 février 2003
CHEFTAINES
On aurait jamais pensé que cela soit
possible ! On aurait jamais crû qu’en entrant dans le troisième millénaire
il soit encore possible d’entendre des discours officiels faire l’apologie
du crime et des assassinats, de la guerre, du vol, du détournement de fond,
de la main-mise sur la terre des autres, la confiscation de l’économie, le
monopole de la richesse, le mépris de la santé ou de l’éducation et ceci au
nom de l’argent qui, lui aussi, ne connaît que deux commandements qui eux
aussi n’en font qu’un :
«Tout ce qui est possible, la technologie le fera » et
« tout ce qui vous fait envie l’argent vous le donnera »….
Quand on se retrouve avec devant soi une vingtaine ou dix ou trente fillettes, adolescentes ou jeunes : « Qu’est-ce qu’on peut y faire ? » Ne se retrouve-t-on pas un peu ridicule devant l’énorme machine de guerre de la mondialisation, implacable et systématique, méprisante pour le volontariat, le gratuit, le solidaire et le fraternel ?
Ne vous laissez pas impressionner ! Ne partez pas battues devant la violence, les terrorismes, la criminalité, la faillite…. Derrière ces défaites se cachent toujours des appels au secours. La violence n’est pas une politique c’est un désespoir devant le vide d’amour.
Vous femmes plus que les
hommes,
vous éducatrices par tendresse plus que par rendement et par rapport
qualité prix.

Vous jeunes filles ou jeunes femmes avec votre confiance dans la
confiance de cette bande d’adolescentes.
Vous, dont la loi guide est un art de vivre et acte libre et
fraternel et non pas comme partout un gendarme ou un procédé pour légaliser
la tricherie et les magouilles.
Vous dont le désir est une promesse qui ouvre les yeux pour écouter
tous les besoins, toutes les attentes, tous les appels de ces enfants et de
ces adolescentes à qui va votre écoute et vos préférences plutôt qu’aux
meurtres et aux guerres.
Vous Cheftaines, précisément parce que vous êtes de jeunes femmes,
parce que justement vous êtes humaines, vous êtes compétentes en humanité.
Surtout ne laissez pas se perdre ou se détruire votre compétence humaine. Elle ne se reconnaît ni à un diplôme, ni à un certificat, ni au passage devant un jury ni par la production d’une thèse, cette compétence humaine se reconnaît à votre écoute, à votre proximité fraternelle, à vos regards et vos soucis des personnes, au respect avec lequel vous accueillez chaque adolescente, chaque jeune ou chaque enfant, parce que c’est justement là que vous avez mis votre trésor d’aimer. Aimer toutes ces filles qui ne se sentent pas aimées, aimer ces filles méprisées, laissées pour compte, rejetées, ignorées.
Le Guidisme est né pour celles qui n’y avaient pas droit. Le Guidisme est fait pour toutes celles qui ne sont pas capables. Le Guidisme est ouvert à toutes celles qui n’en ont jamais trouvé la porte d’entrée. C’est exactement à cet endroit là que se trouve l’évangile. On a voulu en faire un système, une religion, un dogme, des principes ou une morale :
c’est un chemin.
Le chemin que Dieu a trouvé pour rejoindre la vie de tous les jours des hommes et des femmes et des enfants aussi. A longueur d’évangile Jésus a préféré

les personnes à la loi,
l’humain plutôt que le règlement,
le vrai plutôt que les paraîtres,
l’humilité plutôt que le pouvoir,
le plus petit plutôt que le plus grand,
l’homme à l’argent,
les béatitudes plutôt que le pétrole.
Cheftaines, vous ne savez pas le poids de votre vie pour guérir le monde. Le Guidisme est une mondialisation mais qui est une autre mondialisation que celle des marchés. Vous avez, avec le Guidisme, la mondialisation qui libère l’humain de tout ce qui est inhumain. Le Guidisme est là pour inventer des femmes humaines. Vous pouvez en être fières et venir en toute confiance au rendez-vous de Buenos-Aires.
Jean DEBRUYNNE
Aumônier mondial
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