4 mars 2002
DIEU N’EST PAS DERRIERE
Ce dimanche matin alors que le jour n’est
même pas encore levé, Marie de Magdala, elle, est déjà
debout, elle est déjà en route, elle est déjà dehors.
Pourtant elle ne sait pas que le dimanche est le premier jour de
la semaine. Elle ne sait pas que c’est le jour du
commencement. Pour elle, ce jour là n’est pas le premier mais
le dernier. Si elle s’est levée de si bonne heure ce n’est
pas pour aller chercher l’Espérance mais pour aller finir un
enterrement. C’est vendredi dernier que Jésus est mort,
crucifié, exécuté, assassiné légalement. C’est le
vendredi soir que commence le sabbat et l’on a tout juste eu
le temps de détacher Jésus de la croix et de le déposer à la
hâte dans le tombeau prêté par Joseph d’Arimathie et qui
était heureusement tout proche du Golgotha. Tout est en règle.
Jésus est mort mais au moins la loi du sabbat a été
respectée.
Ce dimanche matin, le jour va bientôt se lever et le jour du sabbat sera légalement terminé. Marie de Magdala n’a qu’une hâte c’est de pouvoir aller achever les funérailles qui n’ont pas pu avoir lieu vendredi à cause du respect du sabbat. Marie de Magdala sort de chez elle enroulée dans son manteau cachant les vases d’onguents, de parfums et d’aromates pour pouvoir embaumer le cadavre de Jésus.
Ce matin là au petit jour, le cœur de Marie Madeleine est un cœur qui va à l’enterrement. Toute la pensée de Marie Madeleine se rend aux funérailles. Tout le regard de Marie Madeleine est tourné vers la mort. Quand elle arrive au tombeau et qu’elle découvre que la pierre du tombeau a été ouverte et que le tombeau est vide, elle pense immédiatement que la tombe a été fracturée et violée et que le corps a été volé et emporté. Toute l’angoisse de Marie Madeleine sera désormais de retrouver le cadavre de Jésus. La pensée ne l’effleure même pas que Jésus pourrait être vivant. Ce n’est pas Jésus qu’elle cherche c’est son cadavre. Elle le réclame à tout le monde. Elle le réclame aux anges qu’elle trouve dans le tombeau à la place même de Jésus. Elle le réclame à celui qu’elle prend pour le jardinier et qui est Jésus lui-même mais elle est tellement obsédée par l’idée de retrouver le cadavre que quand elle est face à face avec Jésus, ressuscité et bien vivant, elle n’est pas en état de le reconnaître.
C’est peut-être bien là aujourd’hui, le grand mal-être des chrétiens. Ils sont tellement accaparés et préoccupés de retrouver l’Eglise d’autrefois qu’ils passent à côté de l’Eglise en train de naître sans même être capables de la reconnaître. Ils sont tellement enfermés dans leurs principes et dans leurs habitudes qu’ils préfèrent les souvenirs de Jésus-Christ, plutôt que la révélation des visages de Jésus dans l’aujourd’hui de l’histoire des hommes.

La CICG est une chance extraordinaire pour la foi des chrétiens puisque le guidisme fait vivre parmi les enfants, les adolescents ou les jeunes. Bien sûr, les éducateurs sont toujours appelés à être par leur vécu les témoins des regards de la foi, des mains de la foi, des paroles de la foi, mais ce sont les enfants, les adolescents et les jeunes qui portent déjà dans leurs regards, dans leurs rêves, dans leurs projets, dans leurs attentes, dans leurs espoirs, les visages de l’Eglise de demain, de l’Eglise en train de naître, de l’Eglise qui nous vient et nous arrive.
Elle est déjà là l’Eglise de l’avenir, toute proche de nous. Marie Madeleine ne se croyait responsable que de faire vivre le souvenir de Jésus. En l’appelant par son nom, Jésus va lui confier l’avenir : " Va dire à mes frères… ". Lorsque vous appelez les guides et les cheftaines par leur nom, que cet appel soit un appel qui ouvre l’avenir et non un appel qui ramène en arrière, un appel nostalgique qui s’enferme dans le passé. C’est Pâques ! C’est le premier jour qui se lève ! C’est le commencement ! C’est Pâques qui appelle chacune et chacun par son nom. Cet appel qui a ouvert les yeux de Marie Madeleine est le même qui ouvre votre regard.
Regardez, regardez bien, ouvrez votre attention. Ecoutez avec vos yeux. Regardez les yeux des enfants, les yeux des guides, les yeux des guides aînées, regardez les yeux des cheftaines, regardez bien, vous y verrez naître l’Eglise de demain. Si vous vous sentez dépassés c’est que vous êtes sur le bon chemin. Dieu n’est pas derrière, il est devant. Dieu n’est plus dans le tombeau, il est dehors ! Il n’est plus dans la mort, il est ressuscité ! Les guides vous ouvrent le chemin
J ean DEBRUYNNE
Aumônier mondial de la CICG
Si vous souhaitez lire d’autres textes ou poèmes de Jean Debruynne, connectez vous sur le site de l’association " En blanc dans le texte "
www.en-blanc-dans-le-texte.asso.fr
La photo des enfants a été emprunté du site du
"Movimiento
Junior de Acción Católica "avec leur permission.
Nous les remercions.
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