| kllll;
|

La CICG aujourd'hui :
Quels visages ?
et quelles vocations ?
Pour la première fois dans l'histoire de la Conférence Internationale
Catholique du Guidisme, sa prochaine Rencontre mondiale et son prochain
Conseil statutaire vont enfin pouvoir se tenir en Afrique à l'invitation des
Guides du Togo.
Cet événement a une double signification :
-
- D'abord signifier dans les faits qu'un pays africain est aussi capable
d'organiser une Rencontre mondiale avec les mêmes compétences et les mêmes
atouts qu'un pays américain ou européen. Il faut dire que pour cela les
Guides du Togo sont particulièrement motivées. Qu'elles ont d'elles-mêmes
présenté leur candidature et qu'elles se sont collectivement investies
pour remplir le cahier des charges.
- La seconde signification vise à désenclaver la mondialisation du modèle
et de la propriété des seuls pays riches. Il s'agit d'une part, de
montrer que la mondialisation ne sera pas seulement commerciale et,
d'autre part, que la mondialisation ne pourra pas se faire sans l'Afrique
et en tout cas pas au détriment de l'Afrique.
A cette double signification s'ajoutent trois raisons :
-
Il existe au Togo un extraordinaire mouvement coopératif des femmes.
Cette réalisation a tout de suite intéressé la CICG dont la vocation
est justement le développement de la responsabilité des femmes par l'éducation
guide. Il est programmé deux journées de travail commun au cours de la
Rencontre mondiale avec un certain nombre de ces coopératives de femmes.
Non pas des visites touristiques, mais un travail partagé dans les
champs. C'est urgent que la femme africaine ne soit pas seulement regardée
comme une productrice d'agrumes, d'oléagineux ou de céréales... mais
d'abord comme une productrice d'intelligence et de solutions à l'échelle
des pays pauvres.
- Les autres pays africains devraient pouvoir participer plus nombreux à
cette Rencontre mondiale puisqu'elle se situe en terre africaine et bien
que justement les déplacements en Afrique soient toujours un obstacle
plus grand que sur d'autres continents. Cette rencontre devrait pouvoir
servir à nouer cette solidarité africaine autrement que dans l'héritage
de l'eclavage, le mépris raciste, les humiliations et l'exploitation économique
du Sud par le Nord. L'Afrique ne doit pas seulement rester une terre
conquise autrefois par les colonisateurs et aujourd'hui par le commerce
mondial, elle doit devenir ce qu'elle est : une terre de propositions
et d'imagination, celles dont les pauvres sont capables quand ils
deviennent responsables de la réalité.
- Bien que confrontée à l'Islam sur un grand nombre de ses territoires,
l'Afrique donne de plus en plus une image de chrétienté. Les églises
sont pleines, les messes multipliées, les séminaires sont forcés de
s'agrandir, la ferveur est en plein élan, la catéchèse en grandes
semailles. C'est d'autant plus urgent de créer des lieux de rencontres,
d"échanges et de confrontations entre cette jeune Egise d'Afrique en
pleine expansion et la vieille Eglise d'Europe qui se lamente sur ses
manques de prêtres, ses églises désertées et ses catéchèses de plus
en plus délaissées. Certes les grandes démonstrations de masse ne
manquent pas et se multiplient, mais ceci est sans commune mesure
aujourd'hui avec le décalage qui peut exister entre une paroisse
africaine et une paroisse européenne. Les malentendus risquent d'être de
plus en plus fréquents et les comportements des chrétiens européens
sont souvent perçus comme choquants par les chrétiens africains.
L'inverse est d'ailleurs tout aussi vrai. Il devient chaque jour plus nécessaire
d'entreprendre des dialogues.
La Conférence Internationale Catholique du Guidisme se doit d'être un de
ces lieux de dialogue et de confrontation.
Les rencontres de la CICG doivent devenir des lieux d'enrichissements
mutuels, d'approfondissement et d'acceptation des différences au lieu de ces
signes de méfiance et de rejets mutuels. La pédagogie de la foi au sein du
guidisme ne peut qu'y gagner. Ne faut-il pas se souvenir de l'apport de l'Amérique
latine à la pédagogie de la foi chez les guides ? La Rencontre mondiale
de Lomé au Togo devrait s'inscrire dans cette perspective : « La CICG
aujourd'hui, quels visages et quelles vocations ? » Il n'est donc pas étonnant
que les deux mots clés de cette question soient rédigés au pluriel.

|